En plein coeur du « carré magique » Gouzon-Jarnages-Chénérailles-Parsac, le petit Poucet Gouzougnat cultive ses particularismes. Originalités nées de son statut de commune associée et de son irréductible esprit gaulois
«On n'a jamais voulu fusionner parce qu'à terme, on savait que l'on risquait de perdre notre identité. On a peut-être fait une connerie en 1972, mais on ne veut pas aller plus loin », affirme Éric Yoth, maire délégué de Gouzougnat depuis 2001. En 1972, en effet, Gouzougnat faisait le choix de devenir commune associée de sa grande voisine Gouzon. Elle perdait ainsi son conseil municipal et la gestion de son propre budget. L'unique élu, le « maire délégué » était désormais le seul à faire entendre la voix de Gouzougnat au sein du conseil municipal gouzonnais.
Le statut semble quelque peu inconfortable, mais pour Éric Yoth, pas question d'envisager la fusion complète : « Il y a eu un référendum en 2000 pour savoir si la population voulait voir Gouzognat fusionner avec Gouzon, explique-t-il, et on a vu une véritable prise de conscience des habitants avec un "non" assez majoritaire à plus de 60 % ».
Redevenir commune indépendante ? Ils y ont pensé. Le souci, c'est la lourdeur des démarches à entreprendre. S'il serait aisé de fusionner avec Gouzon, il est, en revanche, beaucoup plus complexe de quémander son indépendance : « il faudrait faire une pétition où plus de la moitié des habitants signent, explique le maire, attendre un an, refaire une pétition, attendre que le préfet nomme une commission statuant sur notre cas, et enfin, que le préfet, seul, prenne la décision ». Bref, un parcours du combattant quasi impossible que Gouzougnat a préféré abandonné. « On espère encore un aménagement de la loi au niveau national », continue Éric Yoth. C'est tout le combat actuel de l'AMECAF (association des maires et élus des communes associées de France).
Et si ce statut perdure, c'est aussi parce que Gouzougnat et Gouzon tentent de maintenir de bonnes relations : « C'est un peu usant de devoir négocier constamment pour obtenir des budgets, poursuit le maire, mais après tout, quand il s'agit de la réfection des routes, le goudron n'est ni de droite, ni de gauche ».
D'ailleurs, Gouzougnat est plus tourné vers l'avenir, que vers les dissensions passées. À mi-chemin entre Guéret et Montluçon et à moins de 10 kilomètres des bourgs de Gouzon, Jarnages, Chénérailles et Parsac, la petite commune associée voit régulièrement sa population se renouveler, ses maisons vides réinvesties. Un coin de campagne préservée, où les rues n'ont pas de nom, mais qui a su séduire de jeunes actifs.
C'est avec eux, désormais, que l'avenir se construit. Un avenir qui sera vert, car avec Gouzon, Gouzougnat a dit "non", l'an passé, au projet de centre d'enfouissement de déchets ménagers qui devait s'installer sur la commune. Et pour préserver la douceur de vivre, Gouzougnat est bien décidée à se mobiliser : « Nous voulons proposer des choses, affirme le maire, pourquoi pas prochainement, installer des composteurs sur la commune ».





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